Maputo ne ressemble pas aux autres capitales africaines. Les larges boulevards, les villas aux couleurs pastel et les balcons en fer forgé hérités de la domination coloniale lui confèrent une atmosphère méditerranéenne, mais son âme est entièrement mozambicaine.
Le marché central est la meilleure introduction : des montagnes de noix de cajou, du poisson séché, des tissus aux couleurs vives et des épices. À proximité, la maison en fer conçue par Gustave Eiffel — oui, ce même Eiffel — se dresse comme un monument discrètement excentrique.
La coopérative Nucleo de Arte représente les artistes mozambicains depuis 1987. Peintures, sculptures et gravures remplissent l’espace. Rien n’est produit en série pour les touristes.
C'est dans le quartier de la Baixa, la nuit, que la ville se détend : bars en plein air, fruits de mer frais, bière Laurentina bien fraîche et musique live qui envahit la rue bien après minuit.
Prenez l'avion, passez deux nuits, goûtez à tout. Puis mettez le cap au nord vers la côte.
Bazaruto, Benguerra, Magaruque, Santa Carolina et Bangue. Cinq îles protégées en tant que parc national marin depuis 1971. Le récif y est l’un des plus sains de l’océan Indien occidental.
Les dugongs se nourrissent encore dans les herbiers marins. Les raies manta traversent les chenaux. Les baleines à bosse passent par là entre juillet et octobre. La plongée y est vraiment extraordinaire.
Two Mile Reef est le site de plongée principal : des tombants spectaculaires, d'énormes mérous et des bancs de poissons en nombre incroyable. Le snorkeling dans les zones moins profondes est tout aussi agréable.
Les îles ne sont pas bon marché : le transport s'effectue en avion léger ou en hors-bord depuis Vilanculos, et les lodges privilégient le luxe « pieds nus ». Mais l'avantage, c'est l'espace : sur la plupart de ces plages, vous serez complètement seul.
Prévoyez au moins cinq nuits. Ici, la vie est rythmée par les marées, et le rythme récompense la patience.
Vilanculos est le point de départ vers l'archipel : un petit village de pêcheurs décontracté avec une longue plage, de la bière fraîche et d'excellents fruits de mer fraîchement pêchés. La plupart des voyageurs y passent une nuit avant ou après leur séjour sur les îles.
Mais la ville mérite aussi une demi-journée à elle seule. Les balades à cheval le long de la plage à marée basse sont vraiment agréables ici. Des excursions en boutre traditionnel mènent vers les bancs de sable. Au coucher du soleil, les silhouettes des voiliers en bois sur l’eau orange font partie de ces images qui ne vous quittent plus.
Au nord de Vilanculos, la province d’Inhambane abrite les plages de Tofo et de Barra, réputées pour leurs raies manta, leurs requins-baleines (la haute saison s’étend de juin à septembre) et leurs vagues impressionnantes. L’ambiance y est plus jeune et plus accueillante pour les routards que dans l’archipel.
Tout au nord, une chaussée de 3 km mène à une petite île qui fut autrefois la capitale de l’Afrique orientale portugaise. Vasco de Gama y fit escale. L’île fut le siège du pouvoir colonial pendant 400 ans.
Ce qui en reste est extraordinaire : le fort de São Sebastião, datant du XVIe siècle, l’un des plus anciens édifices européens d’Afrique subsaharienne, se dresse intact à la pointe nord. L’architecture de Stone Town — où se superposent des influences arabes, portugaises et indiennes — a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1991.
La moitié sud de l’île est la Cité des Roseaux : des rues plus étroites, des maisons plus petites, la vie quotidienne d’une communauté de pêcheurs. Le contraste entre les deux parties est saisissant et immédiat.
Le Mozambique vit au ralenti. Les distances entre les lieux sont immenses, les infrastructures sont rudimentaires par endroits et la logistique nécessite une bonne organisation. Mais ce que l’on y trouve en contrepartie – récifs, brousse, histoire et l’un des littoraux les plus accueillants de la planète – est véritablement exceptionnel.