Trois tours en pierre couronnent les trois sommets du Monte Titano. Elles figurent sur le drapeau de Saint-Marin, sur ses pièces en euros, sur toutes les cartes postales. Elles incarnent le pays.
La Guaita est la plus ancienne : construite au XIe siècle, elle présente une base pentagonale, des murs doubles et des cellules qui ont accueilli des détenus jusqu’en 1970. On peut se promener sur ses remparts. L’Adriatique scintille au loin.
La Cesta se dresse sur le plus haut sommet, à 755 mètres d’altitude. Construite au XIIIe siècle sur les ruines d’un fort romain, elle abrite un musée d’armes médiévales — 1 550 pièces, des épées aux arbalètes.
Montale est la plus petite ; construite au XIVe siècle pour surveiller les attaques de la famille Malatesta, elle est fermée aux visiteurs et garde encore ses secrets.
Le Passo delle Streghe (le Chemin des Sorcières) relie les tours. Il s’agit d’une passerelle en pierre longeant le bord de la falaise. Parcourez-la au coucher du soleil.
Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Des ruelles étroites en pierre. Des remparts crénelés. Pas de voitures, seulement des escaliers raides et des passages voûtés.
Le Palazzo Pubblico domine la Piazza della Libertà. Construit entre 1884 et 1894 dans un style néo-gothique, c’est là que se réunit le gouvernement de Saint-Marin — toujours les Capitani Reggenti, le Grand Conseil, ces institutions issues de l’époque médiévale.
La relève de la garde a lieu plusieurs fois par jour en été. C’est une cérémonie. C’est aussi une réalité : ce sont les véritables gardes de la République.
La basilique de Saint-Marin abrite les restes de saint Marin, le tailleur de pierre qui a fondé cette ville en 301 après J.-C., fuyant les persécutions contre les chrétiens. Il a gravi le Monte Titano, construit une chapelle et fondé une communauté. Telle est l’histoire de ses origines.
La Via Basilicus et la Via Piana serpentent à travers le centre. On y trouve des boutiques, des trattorias et des stands touristiques vendant des timbres de la République. C’est un lieu très touristique. C’est aussi un lieu authentiquement médiéval : les bâtiments, le tracé des rues, la verticalité.
Saint-Marin s’étend sur 61 kilomètres carrés. On peut le traverser en voiture en 20 minutes. Mais il est perché sur le mont Titano, qui culmine à 739 mètres au-dessus de la mer Adriatique.
Le téléphérique reliant Borgo Maggiore au centre historique est les 5 € les mieux dépensés. Deux minutes de montée, 166 mètres de dénivelé, des baies vitrées panoramiques donnant sur les plaines de la Romagne et la mer.
Depuis les remparts des tours, la vue s’étend jusqu’au mont Carpegna, voire jusqu’au mont Catria par temps clair. Le lever du soleil illumine l’Adriatique. Le coucher du soleil teinte les Apennins de rose.
San Marino se compose de neuf « castelli » (communes). La plupart des touristes ne visitent que la Città di San Marino. Les autres — Serravalle, Faetano, Borgo Maggiore — sont plus calmes, résidentielles, moins médiévales mais plus animées.
C’est son isolement qui a préservé Saint-Marin. Pas de port maritime, pas de routes commerciales, juste une forteresse de montagne trop difficile à conquérir. C’est pourquoi elle a survécu.
La cuisine de Saint-Marin est de style émilien-romagnol : piadinas, tortellinis, passatellis, torta tre monti (gâteau à trois couches). Le lapin et le veau sont des plats courants.
Des trattorias comme la Buca San Francesco et le Ritrovo dei Lavoratori servent des plats traditionnels à des prix raisonnables. La Fratta offre une vue panoramique. La Cantina di Bacco est un restaurant troglodyte : ambiance chaleureuse, vins locaux, produits du terroir de premier choix.
Les timbres et les pièces de monnaie constituent un marché florissant. Saint-Marin émet ses propres timbres et pièces, et les collectionneurs y paient le prix fort. Le Museo del Francobollo e della Moneta retrace l'histoire philatélique et numismatique de la République.
Le shopping bénéficie d’avantages fiscaux. Magasins d’usine de créateurs, parfumeries, électronique. C’est moins cher qu’en Italie. C’est pourquoi les excursionnistes venus de Rimini envahissent les rues.
Saint-Marin n’est pas une destination méconnue. Elle accueille des millions de visiteurs chaque année. Mais elle est suffisamment compacte pour être parcourue à pied en une demi-journée, suffisamment intéressante pour justifier une journée entière, et suffisamment en hauteur pour donner l’impression d’être à l’écart de la côte touristique en contrebas.