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Saint Lucia — video preview
Soufrière town nestled in a lush valley in Saint Lucia
Photo d'Eric Seddon sur Pexels

Deux pics volcaniques jumeaux, une forêt tropicale et les paysages les plus spectaculaires des Caraïbes orientales

Sainte-Lucie

L’avion perce les nuages quelque part au-dessus des Caraïbes et l’île apparaît en contrebas : deux pics volcaniques s’élevant à la verticale depuis la mer sans préambule, leurs flancs recouverts d’une végétation si dense qu’on dirait qu’elle a été peinte. Le Gros Piton. Le Petit Piton. Aucune photo ne leur rend justice. Il faut d’abord les voir du ciel pour comprendre ce que l’on a sous les yeux : un véritable spectacle géologique, vieux de 200 000 ans, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui reste l’attrait le plus saisissant d’une île qui regorge pourtant déjà de raisons de s’y rendre. Sainte-Lucie se trouve dans les Caraïbes orientales : 27 miles de long, 14 à son point le plus large, pour une population de 180 000 habitants. L’île a changé de mains entre la France et la Grande-Bretagne à 14 reprises avant d’accéder à l’indépendance en 1979, et cette histoire transparaît dans tout : le kwéyòl parlé sur les marchés aux côtés de l’anglais, les noms de lieux en français sur des routes à l’anglaise, une cuisine créole qui puise ses influences sur trois continents. La capitale est Castries, située dans le port au nord-ouest. La zone touristique se trouve à Rodney Bay, à 8 kilomètres au nord. Le véritable cœur de l’île — celui pour lequel la plupart des visiteurs viennent — est Soufrière, au sud, où se dressent les Pitons. La bière nationale s’appelle Piton, du nom des montagnes. Commandez-en une bien fraîche et dégustez-la dans un endroit offrant une belle vue.

Les Pitons et Soufrière : un paysage classé par l’UNESCO et des merveilles volcaniques

Soufrière est la plus ancienne colonie européenne de l’île, fondée par les Français en 1746 ; elle se trouve au pied des deux sommets, sur la côte sud-ouest abritée. La ville elle-même est un port de pêche en activité, avec une place en bord de mer et un marché le week-end, mais tout ce qui l’entoure est extraordinaire. C’est cette partie de Sainte-Lucie que la plupart des visiteurs viennent découvrir après un long trajet en voiture vers le sud.

Le Gros Piton culmine à 798 mètres (2 619 pieds) au-dessus du niveau de la mer. L’ascension guidée est la formule habituelle : le sentier part du village de Fond Gens Libres, au sud de la Soufrière, et grimpe de 550 mètres à travers la forêt et la brousse. Un guide local est obligatoire. L’ascension dure entre 2 h 30 et 3 heures ; la descente est plus rapide. La vue depuis le sommet — les deux Pitons en contrebas, les Caraïbes à l’ouest, Saint-Vincent visible au sud par temps clair — justifie chaque pas. Le Petit Piton, à 743 mètres, est techniquement plus difficile et nécessite une autorisation préalable auprès de l’Autorité de gestion des Pitons.

Sulphur Springs se trouve à 3 kilomètres au nord-est de Soufrière — présenté comme le seul volcan au monde accessible en voiture, ce qui est techniquement exact : la route mène directement dans la caldeira effondrée. Le site est actif. Des mares de boue bouillonnent, de la vapeur s'échappe du sol et l'odeur de soufre se fait sentir 500 mètres avant l'entrée. Le bain de boue — où les visiteurs s'enduisent de boue minérale volcanique grise — est un peu ridicule, mais vaut vraiment le détour.

Les jardins botaniques de Diamond Falls s’étendent sur six acres d’un ancien domaine situé à 2 kilomètres de Soufrière. La cascade au centre ruisselle sur des roches teintées de minéraux dont les couleurs varient entre l’or, le vert et le violet selon la lumière et la saison. Ces colorations proviennent directement du réseau des sources sulfureuses. Les jardins abritent également un petit bain minéral que l’impératrice Joséphine — née en Martinique et liée à Sainte-Lucie par l’époque coloniale — aurait utilisé lors de ses visites sur l’île.

Le sentier naturel de Tet Paul commence dans une ferme en activité au-dessus de Soufrière et suit une crête surplombant la zone de gestion des Pitons. La promenade dure moins d’une heure à un rythme tranquille. À la clé : un escalier taillé à flanc de colline — que les habitants appellent « l’escalier vers le paradis » — qui débouche sur une plate-forme offrant une vue directe entre le Gros Piton et le Petit Piton, jusqu’aux Caraïbes. Arrivez avant 9 h pour profiter du point de vue rien que pour vous.

Sun loungers on a sandy beach in Castries, Saint Lucia
Castries et le nord — la capitale, Rodney Bay et le « Friday Jump Up » de Gros Islet

Castries a été reconstruite à plusieurs reprises après les incendies de l’époque coloniale, ce qui explique que le centre-ville présente principalement une architecture du XXe siècle, contrairement aux paysages urbains préservés que l’on trouve ailleurs dans les Caraïbes. En revanche, elle est fonctionnelle : un port de croisière en eaux profondes, un marché central animé sur Jeremie Street où les marchands vendent du christophène, des bananes plantains, des piments Scotch Bonnet, de la noix de muscade fraîche, et des tissus madras, ainsi que la place Derek Walcott en son centre — nommée en l’honneur du poète saint-lucien lauréat du prix Nobel de littérature en 1992.

Morne Fortune domine la ville à l’est. Cette colline — dont le nom français signifie en gros « colline de la bonne fortune » — abrite d’anciennes fortifications militaires qui contrôlaient le port au cours des occupations britanniques et françaises successives. Du sommet, la vue s’étend sur Castries, l’entrée du port et la côte nord qui s’étend jusqu’à Rodney Bay. La plage de La Toc, sur le versant sud, est une plage publique tranquille rarement bondée de touristes.

Rodney Bay, à 8 kilomètres au nord de Castries, est la principale station balnéaire et zone de loisirs de l’île. La marina compte plus de 230 places et organise en décembre un festival de voile qui attire des yachts venus de tout l’Atlantique. La plage de Reduit fait face à la baie : c’est une longue plage publique au calme, où l’on trouve des locations d’équipements de sports nautiques et des marchands le long du rivage. Les bars qui bordent la promenade sont animés dès le milieu de la matinée.

Gros Islet est un petit village de pêcheurs situé à 2 kilomètres au nord de Rodney Bay qui, chaque vendredi soir, se transforme en l’endroit le plus animé des Caraïbes orientales. Le « Jump Up » hebdomadaire existe depuis 50 ans : les rues sont fermées à la circulation, des enceintes sont installées à chaque coin de rue, des marchands font griller du poulet et du poisson dans des étals en plein air, et les bières Piton bien fraîches coulent à flots depuis les glacières au bord de la route. C’est un événement totalement informel, entièrement gratuit, et bien plus divertissant que la plupart des activités payantes.

Le parc national de Pigeon Island occupe un ancien îlot relié au continent par une chaussée au nord de Rodney Bay. Les ruines de Fort Rodney — une garnison britannique qui contrôlait autrefois le chenal entre Sainte-Lucie et la Martinique — s’étendent sur deux sommets. Par temps clair, la vue depuis le fort supérieur permet d’apercevoir la Martinique. Le parc comprend une petite plage, un musée installé dans les anciens quartiers des officiers, et accueille chaque année en mai le Festival de jazz et des arts de Sainte-Lucie.

Tropical coastline and lush landscape in Saint Lucia
Photo de Mariana Piliego sur Pexels
Forêt tropicale, récif et baie de Marigot : l’île au-delà des complexes hôteliers

L’intérieur de Sainte-Lucie est constitué d’une forêt tropicale montagneuse, sillonnée de rivières et de plantations. Rainforest Adventures exploite un téléphérique à travers la canopée au-dessus de Chassin, au nord-est de Castries : des télécabines qui avancent lentement à travers la couche supérieure de la forêt tandis qu’un guide identifie les plantes et les oiseaux. Le perroquet de Sainte-Lucie — espèce endémique de l’île et protégée depuis qu’une campagne de conservation menée dans les années 1970 a inversé un déclin démographique marqué — peut parfois être aperçu à mi-hauteur dans la forêt. Le trajet en téléphérique dure 2 à 3 heures et convient à tous les niveaux de condition physique.

Anse Chastanet, accessible par la route ou en bateau-taxi depuis Soufrière, est le lieu incontournable pour la plongée et le snorkeling sur l’île. Le récif commence juste au large de la plage de sable noir, à une distance de nage du rivage : murs de corail, poissons-anges, poissons-trompettes, tortues imbriquées. La zone sous-marine se trouve au sein de la zone de gestion des Pitons, qui protège 168 espèces de poissons et 60 types de coraux. Des opérateurs de plongée organisent des sorties depuis la plage, et des excursions de plongée libre sont proposées pour tous les niveaux.

La baie de Marigot se trouve à 9 kilomètres au sud de Castries, sur la côte ouest : c’est un port naturel abrité que tous ceux qui y arrivent par la mer décrivent comme la plus belle baie qu’ils aient jamais vue dans les Caraïbes. La baie se rétrécit pour former un chenal entre deux promontoires couverts de palmiers ; un petit ferry le traverse toutes les quelques minutes. La baie se remplit de voiliers tout au long de la saison hivernale de navigation et est généralement calme en dehors de cette période. C’est l’un de ces endroits où l’on ne regrette pas de s’être arrêté.

Anse La Raye est un village de pêcheurs situé entre Castries et Soufrière, où la rampe de mise à l’eau mène directement aux Caraïbes et où la pêche du jour est débarquée chaque matin. Le vendredi soir, le village organise son propre marché de fruits de mer en bord de rue — plus petit et plus calme que celui de Gros Islet — où l’on sert du poisson et des fruits de mer grillés tout juste sortis du barbecue, accompagnés de punch au rhum local. Situé à 23 kilomètres de Castries, cet endroit vaut le détour vers le sud.

La route de la côte ouest entre Castries et Soufrière traverse les montagnes et longe les falaises surplombant la mer. Elle est étroite, sinueuse et suffisamment pittoresque pour obliger les conducteurs à ralentir, quel que soit leur horaire. Prévoyez 90 minutes pour ce trajet de 47 kilomètres. La route est un voyage en soi, tout autant que ce qui vous attend à ses deux extrémités.

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